1. Pourquoi ce thème rétro ?
Depuis 1982, date de création de ce thème, il me semble que plus le temps passe, plus l’effet ‘rétro’ s’accentue. À l’époque, il était naturel de porter ce type de vêtements ; l’originalité résidait dans la mise en scène sous la pluie, plus que dans le port du ciré lui-même. Les temps changent, et l’intérêt pour cet imperméable grandit, sans doute parce qu’il est brillant et parce qu’on n’en voit plus guère dans nos rues.
2. Que voulez-vous montrer ? des cirés ?
Au-delà de l’imperméable, c’est l’expression du modèle sous l’ondée qui m’importe. À mon avis, l’imperméable brillant sublime l’image par son éclat, mais c’est l’attitude du modèle et sa façon de l’incarner qui font la différence. S’y ajoute la dynamique de l’eau : une projection est toujours imprévisible, et figer cet instant peut donner un résultat surprenant, voire amusant.
3. Quel est le but de ce thème “Cirologie” ?
Montrer l’inattendu d’une situation et la façon d’y réagir. Je souhaite seulement que celui qui regarde mes photos ait un petit sourire. ‘Cirologie’ est né d’un poisson d’avril ; c’est une fantaisie, il n’y a rien de professionnel. Même la prise de vue et la qualité des images ont un style qui dérange un peu la profession, mais en tant qu’amateur, je reste libre de présenter mes projets comme je le veux. Mes modèles semblent s’amuser et ceux qui regardent les images ne se plaignent pas trop de mon excentricité, sauf quelques avertis, puritains de la photographie. Je n’oblige personne à regarder mes photos
4. Que vous manque-t-il ?
De nouveaux modèles motivés, des idées fraîches, des lieux de prises de vues inédits, ou encore de nouvelles couleurs d’imperméables brillants… les projets ne manquent pas ! Je recherche également des lieux d’exposition et, bien sûr, un éditeur, car mes albums sont pour l’instant édités à compte d’auteur. J’aimerais aussi collaborer avec une photographe : j’aimerais poser un œil féminin sur ce sujet. Enfin, j’attends des visiteurs, des avis et des critiques constructives ; bref, tout ce qui permettra à ce thème de vivre encore longtemps.
De plus, je suis bien entouré par des femmes qui me dirigent vers un nouvel univers : une vision féminine du bonheur. Elles reprennent le projet pour le rendre visuellement agréable.
5. N’y a t il pas un effet pervers caché ?
Nous y voilà. Souvent, ce thème est associé au fétichisme masculin.
En ce qui me concerne — ou plutôt « nous concerne », car l’idée vient d’une femme qui m’assiste et conçoit les scénarios — je n’en suis que le metteur en scène, même si j’y apporte mon propre regard. Notre but est de saisir des expressions et des attitudes, de transformer une réalité en imaginaire, sans que cela soit nécessairement pervers ou sexuel.
On peut apprécier un sourire, un visage ou une posture sans basculer dans un univers dépravé. Et quand bien même ce serait le cas !
Je suis accompagné de quatre femmes qui assurent l’intégralité des sujets et du thème.
Ce n’est pas notre objectif premier, mais chacun est libre de ses propres projections.
Si l’imaginaire du visiteur l’y entraîne, pourquoi pas ?
Nous n’avons aucun tabou.
L’essentiel reste que la spectatrice ou le spectateur soit satisfait de sa visite.
Et que l’ensemble de nos visiteuses soient heureuses
6. Ce thème est-il réservé aux femmes ?
Non, pas réservé, mais dédié aux femmes, car conçu par des femmes.
Le vêtement de base, le ciré, est un manteau de pluie féminin.
Si certains hommes apprécient le sujet, tant mieux !
Tout ce projet a été pensé pour les uns comme pour les autres, mais avec un regard et une sensibilité typiquement féminins.
